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mercredi 15 janvier 2014

Pouvons-nous faire cela, ce matin – faire face aux choses telles qu’elles sont ?

Pouvons-nous faire cela, ce matin – faire face aux choses telles qu’elles sont ?


Pourquoi abordons-nous toujours les choses en termes d’accord ou de désaccord. Pouvons-nous écarter complètement de notre vocabulaire, de notre cerveau, « je suis d’accord » ou « je ne suis pas d’accord » et simplement faire face aux faits tels qu’ils sont, non seulement dans le monde, mais aussi en nous-même  ? Cela demande une grande honnêteté, l’urgence de l’honnêteté. Pouvons-nous faire cela, ce matin – faire face aux choses telles quelles sont ?


J. Krishnamurti Last talk in Saanen 21 juillet 1985, 5th public talk (audio et video) Event ID/Serial No BKID60090/EP86SA85-05




mardi 14 janvier 2014

La colère nous isole du monde et des relations humaines.

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La colère a ceci de particulier qu’elle vous isole ; comme le chagrin, elle vous retranche du monde, et vous fait perdre le sens des relations humaines.


La colère a la force et la vitalité passagères de ce qui est isolé. Il y a un étrange désespoir dans la colère ; car l’isolement est désespoir. La colère que font naître la déception, la jalousie, le besoin de blesser, procure un soulagement agréable dans la mesure où elle est une justification de soi. Nous condamnons les autres, et cette condamnation nous justifie à nos yeux. Si nous n’adoptons pas telle ou telle attitude, qu’il s’agisse de justification ou d’humiliation, que sommes-nous ? Nous cherchons par tous les moyens à affirmer notre personnalité, et la colère, comme la haine, est un des moyens les plus faciles.


Le simple mouvement d’humeur, une flambée de colère vite oubliée, est une chose ; mais la colère délibérément mûrie et qui cherche à blesser et à détruire est tout autre chose. Un mouvement d’humeur peut avoir une cause psychologique que l’on peut déceler et à laquelle on peut aisément remédier ; mais la colère résultant d’une cause psychologique est beaucoup plus subtile et beaucoup plus difficile à traiter. La plupart des gens n’attachent pas une grande importance à la colère et leur trouvent facilement des excuses. Pourquoi ne nous mettrions-nous pas en colère lorsque nous subissons un affront ou lorsque nous assistons à des scènes qui nous révoltent ? Ainsi nous trouvons des justifications à notre colère. Il ne nous arrive jamais de dire que nous sommes en colère et de nous en tenir là ; nous nous lançons dans de savantes explications sur ses origines. Nous ne disons jamais simplement que nous sommes jaloux ou fâchés, mais nous justifions ou nous expliquons notre jalousie ou notre ressentiment. Nous demandons comment il peut y avoir de l’amour sans jalousie, ou bien nous disons que les agissements de telle personne nous ont déplu, et ainsi de suite.


C’est l’explication, la formulation, silencieuse ou exprimée, qui entretient la colère, qui l’amplifie et l’enracine.


J. Krishnamurti Commentaires sur la vie Tome 1, Chapitre 30 La colère




lundi 13 janvier 2014

La raison ou plus simplement l’honnêteté

Nous utilisons le mot « raison » non pas dans un sens philosophique avec toutes ses implications  ; nous donnons à ce mot le simple sens d’une grande honnêteté dans la pensée, d’un équilibre mental sain, le sens d’un « insight » clair, d’une perception où il n’y a pas de tromperie ou d’auto-illusion. Sans la raison au départ, vous ne pouvez pas aller très loin. Parce ce que sans la raison vous êtes inévitablement conduits vers toutes les formes d’illusions, d’idées fausses, de peurs et tout le reste. Pour comprendre la nature et le sens de la méditation, il est absolument nécessaire de raisonner pas à pas, afin que votre esprit soit affûté, que votre cerveau soit clair, sans la moindre distorsion, sans la moindre pression. Cela ne demande aucune croyance, aucun système  ; mais cela nécessite un cerveau qui soit sensible, affûté, clair, qui puisse procéder pas à pas, non de manière illogique, non en sautant des étapes, mais avec rationalité, avec équilibre.

Oeuvres collectées Vol. 14 – Talk 6, 26 February 1964 Bombay




dimanche 12 janvier 2014

Comment pouvez-vous penser à quelque chose que vous ne connaissez pas ?

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Comment pouvez-vous penser à quelque chose que vous ne connaissez pas ?

Nous parlons d’une passion qui n’est pas stimulée, qui n’a pas de cause

Très peu réussissent à transcender cette formidable peur de la solitude ; pourtant il le faut car le véritable trésor se trouve au-delà.

Juste être conscient – qu’est-ce que cela signifie ?…notre conditionnement est vraiment très profond. Cela exige beaucoup d’investigation, de compréhension.


La conscience n’est pas quelque chose de mystérieux que vous devez pratiquer ; elle n’est pas quelque chose qui peut être apprise seulement de l’orateur, ou de quelque personnage barbu ou autre. Tout ce genre de choses fantaisistes est trop absurde. Juste être conscient – qu’est-ce que cela signifie ? Être conscient que vous êtes assis là, et que je suis assis ici ; que je vous parle et que vous m’écoutez ; être conscient de cette salle, de sa forme, de son éclairage, de l’acoustique ; observer les couleurs variées que portent les gens, leurs attitudes, leur effort pour écouter, leurs raclements de gorge, leur lassitude, leur ennui, leur insatisfaction de ne pas être en mesure d’obtenir à partir de ce qu’ils entendent quelque chose à rapporter à la maison ; leur accord ou leur désaccord avec ce qui est dit. Tout cela s’inscrit dans le cadre de la conscience – une partie très superficielle.


Derrière cette observation superficielle il y a la réponse de notre conditionnement : j’aime et je n’aime pas, je suis Britannique et vous n’êtes pas Britannique, je suis Catholique et vous êtes Protestant. Et notre conditionnement est vraiment très profond. Cela exige beaucoup d’investigation, de compréhension. Être conscient de nos réactions, de nos motivations cachées et de nos réponses conditionnées – cela aussi fait partie de la conscience.


Vous ne pouvez pas être totalement conscient si vous êtes en train de faire un choix. Si vous dites : « Ceci est bon et cela est mauvais », le bon et le mauvais dépendent de votre conditionnement. Ce qui est bon pour vous peut être mauvais en Extrême-Orient. Vous croyez à un sauveur, au Christ, mais pas eux, et vous pensez qu’ils vont aller en enfer à moins qu’ils ne croient comme vous. Vous avez les moyens de bâtir des cathédrales merveilleuses, alors qu’eux peuvent adorer une image en pierre, un arbre, un oiseau, ou un rocher, et vous dites : « Comme c’est idiot, comme c’est païen ! ». Être conscient c’est être conscient de tout ceci, sans choix ; c’est être totalement conscient de toutes vos réactions conscientes et inconscientes. Et vous ne pouvez pas être totalement conscient si vous condamnez, si vous justifiez, ou si vous dites : « Je vais garder mes croyances, mes expériences, mon savoir. » Alors vous êtes conscient seulement de manière partielle, et la conscience partielle est une véritable cécité.


Voir ou comprendre n’est pas une question de temps, ce n’est pas une question de graduations. Ou vous voyez ou vous ne voyez pas. Et vous ne pouvez pas voir si vous n’êtes pas profondément conscient de vos propres réactions, de votre propre conditionnement. Étant conscient de votre conditionnement, vous devez le regarder sans choix ; il vous faut voir le fait et non donner une opinion ou un jugement sur le fait. En d’autres termes, il vous faut regarder le fait sans la pensée. Alors, il y a une conscience, un état d’attention sans un centre, sans frontières, où le connu n’interfère pas.


Œuvres collectées, Vol. XIII – 188




Ne pas juger !

samedi 11 janvier 2014

les subtilités rusées de l’auto-protection.

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Ce n’est que lorsque l’esprit, qui a pris abri derrière les murs de l’autoprotection, se libère de ses propres créations qu’il peut y avoir cette exquise réalité. Après tout, ces murs d’auto-protection sont les créations de l’esprit qui, conscient de son insuffisance, construit ces murs de protection, et derrière eux, prend abri. Nous avons construit ces barrières, consciemment ou inconsciemment, et notre esprit est tellement estropié, attaché, retenu que l’action apporte davantage de conflit et de nouveaux troubles. Donc, la simple recherche de la solution à vos problèmes ne va pas libérer l’esprit de la création des nouveaux problèmes. Tant que ce centre d’auto-protection, né d’une insuffisance, existe, il doit y avoir des perturbations, une peine énorme et la douleur ; et vous ne pouvez pas libérer l’esprit de la peine en le disciplinant à ne pas être insuffisant. C’est-à-dire, vous ne pouvez pas vous discipliner vous-même, ou être influencé par les conditions et l’environnement, afin de ne pas être superficiel. Vous vous dites à vous-même : « Je suis superficiel ; je reconnais le fait, et comment vais-je m’en débarrasser ? » Je dis, ne cherchez pas à vous en débarrasser, ce qui est simplement un processus de substitution, mais prenez conscience, devenez conscient de ce qui est la cause de cette insuffisance. Vous ne pouvez pas exiger cela ; vous ne pouvez pas le forcer ; cela ne peut pas être influencé par un idéal, par la peur, par la poursuite de la jouissance et des pouvoirs. Vous ne pourrez découvrir la cause de l’insuffisance que par le fait d’être conscient. C’est-à-dire, qu’en regardant dans l’environnement et en perçant sa signification, il vous sera révélé les subtilités rusées de l’auto-protection.


La liberté totale : Krishnamurti l’Essentiel. J.Krishnamurti. (Total Freedom : The Essential Krishnamurti. J. Krishnamurti.)




jeudi 9 janvier 2014

Quand J’observe mes pensées il y a une grande tension.

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Interlocuteur : Quand J’observe mes pensées il y a une grande tension


Krishnamurti : Quand on observe ses pensées, dit cette personne, il y a un plus grand stress, un plus grand conflit. Pourquoi ceci a-t-il lieu ? Lorsque vous observez votre pensée pourquoi devrait-il y avoir du stress ? Il y a stress, tension, conflit, parce que vous regardez votre pensée avec les yeux de la condamnation, de la comparaison, du jugement, vous ne l’observez pas. Lorsque je regarde ce microphone, je peux le regarder et ne pas en faire un stress. Mais si je dis : "je ne l’aime pas’, il devient immédiatement un stress. Nous comparons et jugeons parce que nous sommes conditionnés à tout regarder dans notre vie, avec condamnation, comparaison ou justification ; jamais à regarder les choses telles qu’elles sont, sans rien de tout ceci. Alors, vous constaterez, Messieurs, que la vie devient très simple : il suffit d’observer.


Entretiens en Europe 1967 – Cinq entretiens à Amsterdam (5) p.144 – Servire / Wassenaar. The Netherlands