La question de savoir s’il existe un Dieu, une Vérité, une Réalité ( selon le nom qu’on veut lui donner) ne peut jamais trouver de réponse dans les livres, chez des prêtres, des philosophes, ou des Sauveurs. Personne et rien ne peut répondre à cette question si ce n’est vous-mêmes, et c’est pour cela que la connaissance de soi est nécessaire. Manquer de maturité c’est manquer de se connaître. Se connaître est le début de la sagesse. Et qu’êtes-vous ?… Ce vous individuel, qu’est-il ? Je pense qu’il y a une différence entre l’être humain et l’individu. L’individu est une entité locale, qui vit dans tel pays, qui appartient à telle culture, à telle société, à telle religion. L’être humain n’est pas une entité locale. Il est partout. Si l’individu n’agit que dans un coin du vaste champ de la vie, son action n’aura aucun lien avec la totalité. Veuillez donc tenir présent à l’esprit que ce dont nous parlons est la totalité, non la partie, car dans le plus grand est le plus petit, mais dans le plus petit, le plus grand n’est pas. L’individu est cette petite entité, conditionnée, misérable et frustrée, que satisfont ses petits dieux et ses petites traditions, tandis que l’être humain se sent responsable du bien-être total, de la totale misère et de la totale confusion du monde. Nous, les êtres humains, sommes ce que nous avons été pendant des millions d’années, colossalement avides, envieux, agressifs, jaloux, angoissés et désespérés, avec d’occasionnels éclairs de joie et d’amour. Nous sommes une étrange mixture de haine, de peur et de gentillesse ; nous sommes à la fois violents et en paix.
Se libérer du connu. Pages 13 et 14. Editions Stock. 1994
Une famille et une histoire comme tant d'autres, l'envie de la partager (avec personne peut être)mais sûrement le besoin ineffable de déverser ici des moments de notre vie. Sans doute une histoire d'égo frustré me pousse à faire cela, mais je tenterai à travers ces lignes de me faire pardonner. Avec enfin, un projet mal embouqué de partir découvrir le monde sur un voilier. La pure folie encore ici...
Translate
dimanche 15 décembre 2013
Manquer de maturité c’est manquer de se connaître.
jeudi 12 décembre 2013
Si vous blessez la nature, vous vous blessez vous-même.
La nature fait partie de notre vie. Nous avons poussé d’elle, la terre, et nous en faisons partie. Mais nous perdons rapidement le sentiment que nous sommes des animaux comme les autres. Pouvez-vous ressentir cet arbre, le regarder, en voir la beauté, écouter le son qu’il produit ? Être sensible à la petite plante, à la mauvaise herbe, au lierre qui grimpe sur le mur, à la lumière sur les feuilles et aux multiples ombres ? Il faut être conscient de tout cela, avoir un sentiment de communion avec la nature qui nous entoure. Peut-être vivez-vous en ville, mais il y a des arbres ici et là. Une fleur dans le jardin d’à côté : il est peut-être mal tenu, étouffé par les mauvaises herbes, mais regardez-le, sentez que vous faites partie de tout cela, partie de toutes les choses vivantes. Si vous blessez la nature, vous vous blessez vous-même.
Lettres aux écoles, volume 2
mercredi 11 décembre 2013
Il est essentiel de se tenir seul, sans engagement dans le mouvement de l’action, de l’expérience, car cela seul libère la conscience des entraves du temps.
Il est essentiel de se tenir seul, sans engagement dans le mouvement de l’action, de l’expérience, car cela seul libère la conscience des entraves du temps.
La plupart des gens refusent certaines choses faciles, superficielles ; certains vont loin dans leur refus, et il y a ceux qui refusent totalement. Le refus de certaines choses est relativement simple, l’église et ses dieux, l’autorité et le pouvoir de ceux qui la détiennent, l’homme politique et ses habitudes etc… On peut aller assez loin dans le refus des choses qui semblent avoir de l’importance telles que les relations mondaines, les absurdités de la société, la conception de la beauté telle qu’elle est établie par les critiques et ceux qui prétendent au savoir. On peut toutes les écarter et demeurer seul, non dans le sens d’isolement, de frustration, mais seul du fait d’une compréhension et, par suite d’un éloignement naturel, sans aucun sentiment de supériorité. Ce sont choses mortes, l’on n’a pas à y revenir.
Mais aller jusqu’au bout du refus est une tout autre affaire ; l’essence du refus est la liberté dans la solitude. Peu s’aventurent aussi loin, écartant tout refuge, toute formule, toute idée, tout symbole, pour être nus, sans brûlure, et lucides.
Mais combien ce refus est nécessaire ; refuser sans rien rechercher, sans l’amertume de l’expérience, ni l’espoir du savoir. Refuser et rester seul, sans lendemain, sans avenir. Le bouleversement du refus est nudité. Il est essentiel de se tenir seul, sans engagement aucun dans le mouvement de l’action, de l’expérience, car cela seul libère la conscience des entraves du temps. Toute forme d’influence est comprise et refusée, ne laissant point la pensée passer dans le temps. Le refus du temps est l’essence de l’intemporalité.
Carnets. Pages 118 et 119. 29 août 1961. Editions du Rocher. 1976.
mardi 10 décembre 2013
Que la réalité survienne ou non, on ne peut pas l’inviter
Que la réalité survienne ou non, on ne peut pas l’inviter
Voyez-vous, jusqu’à un certain point, point auquel nous sommes arrivés, les explications et la communication verbales sont possibles. Mais au-delà il n’y a plus de communication verbale – ce qui n’implique pas l’avènement de quelque phénomène mystérieux, métaphysique ou parapsychologique. Les mots n’existent que pour des buts de communication : pour communiquer une chose que l’on peut exprimer en paroles, ou par un geste, ou par un silence. Mais il est impossible d’exprimer en paroles ce qui se trouve au-delà de tout cela, toute description est complètement dépourvue de sens. Tout ce que l’on peut faire c’est d’ouvrir la porte, une porte qui reste ouverte seulement quand existe cet ordre – non pas l’ordre de la société lequel est désordre – , mais l’ordre qui prend naissance dès l’instant où vous voyez véritablement « ce qui est » , sans qu’existe aucune déformation créée par « l’observateur ». Quand il n’y a aucune déformation, il y a ordre et cet ordre établit sa propre discipline extraordinaire et subtile. Tout ce que l’on peut faire c’est de laisser cette porte ouverte. Que la réalité survienne ou non, on ne peut pas l’inviter. Mais si l’on a beaucoup de chance, par l’effet d’un hasard étrange, elle peut survenir, elle est sa propre bénédiction. Vous ne pouvez pas la rechercher. Après tout, tels sont la beauté et l’amour, vous ne pouvez pas les rechercher, si vous les recherchez ce sont simplement des prolongations du plaisir, qui n’ont rien de commun avec l’amour. Il existe une félicité qui n’est pas plaisir ; quand l’esprit est dans cet état de méditation, il règne une immense félicité, et la vie quotidienne faite de contradiction, de violence et de brutalité n’a plus aucune place. Mais il faut y travailler très dur, tous les jours, pour poser cette base ; voilà ce qui importe et rien d’autre. Et par ce silence qui est la nature même d’un esprit en méditation la beauté et l’amour peuvent prendre naissance.
Au seuil du silence. Page 158. Entretien IX. 25 juillet 1968. Editions Le Courrier du Livre. Actuellement réédité.
lundi 9 décembre 2013
Si je m’intéresse à la compassion…
Si je m’intéresse à la compassion… à l’amour, au sentiment réel du sacré, alors comment ce sentiment peut-il se transmettre ? Suivez bien cela, je vous en prie. Si je le transmets par l’intermédiaire d’un microphone, par les rouages de la propagande, et parviens de la sorte à convaincre quelqu’un d’autre, son coeur restera pourtant toujours aussi vide. La flamme de l’idéologie agira, mais elle ne fera que répéter, comme vous le faites tous, qu’il faut être bon, généreux, libre – toutes ces absurdités comme en débitent les politiciens, les socialistes et tous les autres. Ainsi, voyant que toute forme de contrainte, si subtile soit-elle, ne fait pas éclore cette beauté, cette floraison de justesse, de compassion, que peut faire l’individu ?…
Quelle relation peut-il y avoir entre celui qui a ce sens de la compassion et l’homme qui reste terré au sein d’une collectivité, d’une tradition ? Comment pouvons-nous découvrir, et ce, non pas en théorie, mais réellement, la relation qui lie ces deux êtres-là ?…
Ce qui cherche à se conformer ne peut fleurir dans le bien, le juste. Pour cela, la liberté est nécessaire, et elle ne vient que lorsqu’on comprend dans toute son ampleur le problème de l’envie, de l’avidité, de l’ambition, et la soif de pouvoir. C’est en se libérant de tout cela que peut fleurir cette chose extraordinaire qui s’appelle le caractère. Un homme qui a ce caractère-là est plein de compassion, il sait ce qu’est aimer – contrairement à celui qui répète des flots de paroles moralisatrices.
Ce n’est pas au sein de la société qu’a lieu cette floraison du bon et du juste, car la société en elle-même est toujours corrompue. Seul celui qui comprend toutes les structures, tous les mécanismes de la société et s’en libère, seul celui-là a du caractère et lui seul peut s’épanouir dans le bien.
Le livre de la Méditation et de la Vie. Pages 360 et 361. 29 novembre. Transmettre la compassion. Editions Stock. 1997.
dimanche 8 décembre 2013
La pensée a recherché la sécurité dans des conclusions qui n’ont fait que répandre le désordre.
Krishnamurti. – Et maintenant, quel est ce « je » qui se propose de se détruire lui-même ? Alors la pensée dit encore : « Je ne dois pas diviser. »
Sw. – Il faut tuer le tueur.
Kr. – La prison est le prisonnier – le tueur est le tué. Peut-il être mis un terme à moi-même sans qu’il y ait division ? La division signifie contradiction. Est-ce possible, une fin de moi-même sans qu’il y ait effort ? Et c’est là que réside la qualité d’une véritable sensibilité. Pour saisir tout cela, en venir au point où nous sommes, il a fallu une immense subtilité qui est de la sensibilité. La pensée peut-elle mettre fin à elle-même ? Tout ce qui précède a requis une immense attention, une sensibilité intense. Il a fallu avancer pas à pas, sans rien oublier, sans rien négliger – ce qui comporte sa propre discipline, son ordre propre. Et maintenant, le cerveau vit un état d’ordre complet parce qu’il s’est avancé avec justesse, parce qu’il a observé ses propres attitudes logiques, parce qu’il a creusé et dépisté les éléments d’une fausse sécurité dans la division, et qu’en celle-ci la sécurité n’existe pas. Alors chaque pas qu’il a fait était un pas dans l’ordre, et cet ordre est sa propre sécurité.
Donc l’ordre, c’est la perception des choses telles qu’elles sont, la perception de ce que vous êtes et non pas une conclusion au sujet de ce que vous êtes.
J’affirme que la perception consiste à voir les choses telles qu’elles sont. Et je suis incapable de voir les choses telles qu’elles sont si je nourris une conclusion. Dans toute conclusion, il y a donc un élément de désordre. La pensée a recherché la sécurité dans des conclusions qui n’ont fait que répandre le désordre.
Tradition et révolution. Pages 254 et 255. La liberté et la prison. Stock/Monde ouvert.1978
vendredi 6 décembre 2013
Peut-on trouver Dieu en le cherchant ?
Peut-on trouver Dieu en le cherchant ? Peut-on partir en quête de l’inconnaissable ? Pour trouver, vous devez savoir ce que vous cherchez. Si vous cherchez à trouver, ce que vous trouverez ne sera
qu’une projection de vous-même ; ce sera un objet de votre désir, et ce qui est création du désir n’est pas la vérité. La recherche de la vérité en est la négation. La vérité n’a pas de domicile fixe ; nul chemin, nul guide ne peut vous y conduire et le mot vérité n’est pas la vérité. Peut-on trouver la vérité dans un lieu particulier, sous un climat particulier, au contact de certaines personnes ? Est-elle ici et pas là ? Cet homme est-il meilleur guide que cet autre pour vous conduire à la vérité ? Existe-t-il même un guide ? Quand on cherche la vérité, ce que l’on trouve ne peut venir que de l’ignorance, car la recherche elle-même est née de l’ignorance. Vous ne pouvez pas chercher la réalité : vous devez cesser pour que la réalité soit (p. 45).15