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samedi 8 mars 2014

Il y a une énorme différence entre un esprit préoccupé et un esprit actif.

Il y a une énorme différence entre un esprit préoccupé et un esprit actif.


Cette préoccupation du corps fait obstacle à l’adaptation au présent, et au bénéfice de la vitalité et du mouvement, si limité soit-il.


Le moi, avec ses préoccupations, suscite ses propres douleurs et problèmes, qui ont une conséquence sur le corps. Et l’inquiétude devant les maux physiques renforce les problèmes du corps. Cela ne veut pas dire qu’il faut négliger sa santé. Mais se préoccuper de la santé, comme se préoccuper de la liberté, ou des idées ne fait que retrancher davantage l’esprit dans sa propre étroitesse.


Il y a une énorme différence entre un esprit préoccupé et un esprit actif. L’esprit actif est silencieux, attentif et conscient, non sélectif.


J. Krishnamurti Commentaires sur la vie Tome 2, Chapitre 46




vendredi 7 mars 2014

Les grues volent !

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Le printemps revient ! Les grues sont de retour.




Le poison et la corruption entrent en jeu lorsque vous considérez une seule personne comme l’autorité infaillible, votre guide, votre sauveur.

Le poison et la corruption entrent en jeu lorsque vous considérez une seule personne comme l’autorité infaillible, votre guide, votre sauveur.


Si quelqu’un vous a aidé et que vous lui reconnaissiez une autorité absolue, n’est-ce pas là une façon de faire obstacle à toute nouvelle aide éventuelle, non seulement en ce qui le concerne, mais aussi pour ce qui est de vous-même ?


L’aide n’est-elle pas partout autour de soi ? Pourquoi ne la chercher que dans une direction ? Et lorsque vous êtes si limité, si renfermé, quelle aide pouvez-vous recevoir ?


Par contre, lorsque vous êtes ouvert, vous êtes en état de percevoir l’aide infinie qui est en toutes choses, depuis le chant de l’oiseau jusqu’à l’appel de l’être humain, du brin d’herbe à l’immensité des cieux.


Le poison et la corruption entrent en jeu lorsque vous considérez une seule personne comme l’autorité infaillible, votre guide, votre sauveur.


J. Krishnamurti Commentaires sur la vie Tome 2, Chapitre 45




jeudi 6 mars 2014

Nous avons peur de la solitude car elle nous révèle notre incapacité et la pauvreté intérieure de notre être.

Nous avons peur de la solitude car elle nous révèle notre incapacité et la pauvreté intérieure de notre être.


Nous ne sommes jamais seuls ; nous sommes entourés par les gens et par nos pensées. Et même quand les gens sont loin, nous voyons les choses à travers l’écran de nos pensées. Très rares sont les moments où la pensée ne fonctionne pas. Nous ignorons ce que c’est que d’être seuls, de n’être plus soumis aux associations, à la continuité, aux mots et aux images. Nous sommes solitaires, mais nous ne savons pas ce que c’est que d’être seul. La douleur de la solitude remplit nos coeurs et l’esprit recouvre tout par la peur. La solitude, cet isolement profond, est l’ombre qui assombrit nos vies. Nous faisons n’importe quoi pour y échapper, et plongeons tête première dans toutes les formes de fuite, mais elle nous poursuit et ne nous quitte pas. L’isolement caractérise notre forme de vie ; il est rare que nous soyons en fusion avec quelqu’un, car au fond de nous-mêmes nous sommes brisés, déchirés et à vif. Nous ne sommes ni complets ni entiers et il n’est possible d’être en fusion avec quelqu’un qu’à partir du moment où l’intégration intérieure a eu lieu. Nous avons peur de la solitude car elle nous révèle notre incapacité et la pauvreté intérieure de notre être ; mais c’est la solitude qui cicatrise la plaie béante de l’isolement. L’esprit isole, sépare et interdit la communion. On ne peut rendre l’esprit complet ; cela n’est pas possible car cette tentative est en elle-même un processus d’isolement, cela fait partie de cette solitude que rien ne peut masquer. L’esprit est le produit de la multitude et ce qui a été assemblé n’est jamais seul. La solitude n’est pas un produit de la pensée. C’est seulement quand la pensée est totalement immobile que le solitaire peut rejoindre la solitude.

J. Krishnamurti Commentaires sur la vie Tome 2, Chapitre 20




mercredi 5 mars 2014

Le savoir ne permet pas d’acheter la sagesse.

Le savoir ne permet pas d’acheter la sagesse.


Il est curieux de voir l’importance que nous donnons aux mots imprimés, aux soi-disant livres sacrés. Les clercs, comme les laïcs, sont des phonographes ; ils se contentent de répéter, même si les textes ont été souvent changés. Ce qui les intéresse, c’est le savoir, les connaissances, et non la perception directe. La culture, le savoir, empêche la perception directe. Mais le savoir est un havre sûr, la chasse gardée de l’élite ; et comme les ignorants sont impressionnés par le savoir, le savant est respecté et honoré. Le savoir est un vice, un penchant comme la boisson ; le savoir ne conduit pas à la compréhension. On peut enseigner le savoir, mais pas la sagesse ; il faut être délivré du savoir pour que vienne la sagesse. Le savoir ne permet pas d’acheter la sagesse ; mais l’homme qui est entré dans le refuge du savoir ne s’aventure plus au dehors, car le mot nourrit sa pensée et penser le réconforte. Penser est un obstacle à la perception directe ; et il n’y a pas de sagesse sans perception directe. Le savoir, l’idée, la croyance, fait obstacle à la sagesse. Un esprit absorbé n’est pas libre, spontané, et ce n’est que dans la spontanéité qu’il peut y avoir découverte. Un esprit absorbé est enfermé en soi-même ; il est inapprochable, invulnérable, et c’est là que réside sa sécurité. La pensée, de par sa structure même, isole le moi ; rien ne peut la rendre vulnérable. La pensée ne peut pas être spontanée, elle ne peut jamais être libre. La pensée est la continuation du passé, et ce qui continue ne peut être libre. Il n’y a liberté que dans la cessation.


Un esprit absorbé crée ce à quoi il travaille. Cela peut donner un char à boeufs ou un avion à réaction. Nous pouvons penser que nous sommes stupides, et nous sommes stupides. Nous pouvons penser que nous sommes Dieu, et nous sommes notre propre conception : « Je suis Cela. »


— Mais il est certainement préférable de s’occuper des choses de Dieu plutôt que des choses du monde, n’est-ce pas ?


Ce que nous pensons, nous le sommes ; mais c’est la compréhension du processus de la pensée qui est importante, et non ce à quoi nous pensons.


J. Krishnamurti Commentaires sur la vie Tome 1, Chapitre 66




mardi 4 mars 2014

On peut étudier ce qui est limité, mais pas l’illimité.

On peut étudier ce qui est limité, mais pas l’illimité.


On peut étudier ce qui est limité, mais pas l’illimité. Et nous nous essayons alors à étudier le champ entier du psychisme, et disons que cela exige du temps. Mais dans ce domaine le temps est peut-être une illusion, il peut être un ennemi. La pensée crée l’illusion, et cette illusion évolue, grandit et s’étend. Il est probable que l’illusion de toute l’activité religieuse a commencé très simplement, et maintenant voyez où elle en est, avec cet immense pouvoir, ces possessions, cette grande accumulation d’oeuvres d’art, de richesses, et cette hiérarchie religieuse qui exige l’obéissance et vous exhorte à une plus grande foi. Tout cela est l’évolution de l’illusion, son expansion et sa culture qui se sont développées au cours des siècles. Et le psychisme est tout le contenu de la conscience, la mémoire de toutes choses passées et mortes. Nous attachons une telle importance à la mémoire ! Le psychisme est mémoire. Toute tradition n’est en fait que le passé. Nous nous y attachons désespérément, cherchons à la connaître dans tous ses aspects pensant que cette étude exige du temps, comme celle des autres domaines. Je me demande si nous nous posons jamais la question d’un arrêt possible du temps – le temps de devenir, le temps de s’accomplir. Y a-t-il quoi que ce soit à apprendre à ce sujet ? Ou peut-on voir que le mouvement entier de cette mémoire illusoire, qui semble si réelle, peut prendre fin ? Si le temps peut s’arrêter, quelle est alors la relation entre ce qui est au delà du temps et toutes les activités physiques du cerveau, telles que la mémoire, le savoir, les souvenirs et les expériences ? Quel rapport y a-t-il entre ces deux domaines ? Comme nous l’avons souvent dit, le savoir et la pensée sont limités. Ce qui est limité ne peut avoir de relation avec l’illimité. Toutefois, l’illimité peut avoir une sorte de rapport avec ce qui est limité, mais cette communication sera toujours partielle, étroite et fragmentaire.


Si l’on a l’esprit mercantile, on peut se demander l’utilité de tout ceci, l’utilité de l’illimité, en quoi cela peut être utile à l’homme. Nous voulons toujours une récompense. Nous vivons sur le principe de la punition et de la récompense, comme des chiens dressés que l’on récompense quand ils obéissent. Et nous sommes presque semblables à eux puisque nous voulons être récompensés pour nos actions, notre obéissance, etc. Une telle exigence naît du cerveau limité. Le cerveau est le centre de la pensée, laquelle est toujours limitée, en toutes circonstances. Elle peut inventer l’extraordinaire, le théorique, l’incommensurable, mais son invention sera toujours limitée. Voilà pourquoi il faut être complètement libre à l’égard du travail et du labeur de la vie, comme de l’activité égocentrique, pour que l’illimité puisse être.


J. Krishnamurti Dernier Journal Mardi 19 avril 1983 (p.81-83)




dimanche 2 mars 2014

La connaissance d’une partie ne peut jamais nous faire réaliser la joie de la totalité.

La connaissance d’une partie ne peut jamais nous faire réaliser la joie de la totalité.


Notre soif de savoir, notre désir d’acquérir sans cesse quelque chose, nous font perdre l’amour. Nous émoussons notre perception du beau, notre sensibilité à la cruauté. Nous nous spécialisons de plus en plus et sommes de moins en moins intégrés. La sagesse ne peut pas être remplacée par des connaissances et aucune somme d’explications ni aucune accumulation de faits, ne libéreront l’homme de la souffrance. Le savoir est nécessaire, la science a son utilité ; mais si l’esprit et le coeur sont étouffés par les connaissances et si la cause de la souffrance est obnubilée par des explications, la vie devient vaine et n’a plus de sens. Et n’est-ce point cela qui se produit pour la plupart d’entre nous ? Notre éducation nous rend de plus en plus creux ; elle ne nous aide pas à déterrer les couches profondes de nos êtres ; et nos vies deviennent de plus en plus inharmonieuses et vides.


L’information ou connaissance des faits, bien qu’elle augmente constamment, est, par sa nature même, limitée. La sagesse est infinie, elle inclut la connaissance et le processus de l’action ; mais nous saisissons une branche et croyons que c’est l’arbre entier. La connaissance d’une partie ne peut jamais nous faire réaliser la joie de la totalité. L’intellect ne peut pas conduire au tout, car il n’en est qu’un fragment, qu’une partie.


Extrait de : De l’éducation .