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vendredi 24 octobre 2014

La méditation est un des arts majeurs

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La méditation est un des arts majeurs dans la vie, peut-être « l’art suprême », et on ne peut l’apprendre de personne : c’est sa beauté. Il n’a pas de technique, donc pas d’autorité. Lorsque vous apprenez à vous connaître, observez-vous, observez la façon dont vous marchez, dont vous mangez, ce que vous dites, les commérages, la haine, la jalousie —être conscient de tout cela en vous, sans option, fait partie de la méditation. Ainsi la méditation peut avoir lieu alors que vous êtes assis dans un autobus, ou pendant que vous marchez dans un bois plein de lumière et d’ombres, ou lorsque vous écoutez le chant des oiseaux, ou lorsque vous regardez le visage de votre femme ou de votre enfant.


Comprendre ce qu’est la méditation implique l’amour : l’amour qui n’est pas le produit de systèmes, d’habitudes, d’une méthode. L’amour ne peut pas être cultivé par la pensée ; mais il peut —peut-être— naître dans un silence complet en lequel celui qui médite est entièrement absent. Un esprit ne peut être silencieux que lorsqu’il comprend son propre mouvement en tant que penser et sentir, et, pour le comprendre, il ne doit rien condamner au cours de son observation.


Observer de cette façon est une discipline fluide, libre, qui n’est pas celle du conformisme.


« Se libérer du connu », J. Krishnamurti, Chapitre 15 -




jeudi 24 octobre 2013

Le conditionnement fait que nous accordons une grande importance à la pensée, au moi, au centre qu’est l’égo

Krishnamurti : Par quoi allons-nous commencer ?


David Bohm : Vous avez dit, je crois – si j’ai bien compris – , que notre processus mental, s’il est sain et en bon ordre, peut avoir pleinement conscience de l’action de la vérité et évoluer en harmonie avec elle. En revanche, si le processus de pensée subit des distorsions et un conditionnement, cette prise de conscience ne peut pas se faire, mais la vérité peut cependant avoir un impact physique réel sur les cellules du cerveau.


K : A votre avis, est-ce vrai ?


D.B : Je n’en sais rien, nous essayons de creuser la question.


K : Personnellement, j’ai l’impression que c’est vrai.


D.B : Le cerveau est une entité matérielle. La matière existe, elle a une réalité tangible, distincte de la pensée, mais nous la connaissons mal. Seuls certains de ses aspects sont connus de nous, les arcanes de la matière sont une énigme et le demeureront peut-être à jamais, même si nos connaissances progressent. Le cerveau, étant fait de matière, a tous les attributs constitutifs de la matière. Mais ces profondeurs secrètes et inconnues où la pensée jaillit de la matière restent pour nous impénétrables.

La pensée a subi des conditionnements successifs au fil du temps, dus pour une part à l’hérédité et pour une autre à la tradition, à la culture et à l’environnement. La pensée a été rodée à s’illusionner, à falsifier, à déformer. E t tout cela est inscrit dans la structure matérielle du tissu cérébral. En un certain sens, ce conditionnement constitue une forme subtile de dégradation du cerveau.

Le conditionnement fait que nous accordons une grande importance à la pensée, au moi, au centre qui est l’égo. Il surcharge le cerveau, le déforme et finit peu à peu par l’endommager.


K : Voulez-vous dire par là que lorsque le cerveau est soumis à des contraintes excessives, en raison du contexte économique, de l’environnement social…


D.B : … de la peur et de la souffrance…


K : … et de tout ce qui échoit aux êtres humains, les cellules cérébrales seraient endommagées ? Oui, cette hypothèse me paraît valable….


Les limites de la pensée. Pages 149 et 150. Chapître : La tradition et la vérité. Editions Stock. 1999,


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L’amour est la liberté à l’égard du connu

Il n’est rien de permanent, tant dans le présent que dans l’avenir immédiat, le futur ; le schéma façonné par la pensée et le sentiment, le schéma du connu, est pulvérisé par une mise en question et une écoute justes. La connaissance de soi, des habitudes de la pensée et du sentiment, par l’écoute de chacun de leurs mouvements, met fin au connu. Le connu engendre la souffrance et l’amour est la liberté à l’égard du connu.

Carnets p. 288 Editions du Rocher