Translate

dimanche 22 décembre 2013

La peur n’est pas simplement à la surface de l’esprit.

20131222-074945.jpg


La peur n’est pas simplement à la surface de l’esprit.


Pour comprendre ce problème de la peur, vous devez y entrer le plus profondément possible, parce que la peur n’est pas simplement à la surface de l’esprit. La peur ce n’est pas seulement être effrayé par votre voisin ou perdre un emploi ; c’est beaucoup plus profond que cela, et comprendre cela requiert une pénétration en profondeur. Pour pénétrer profondément, vous avez besoin d’un esprit très aiguisé, et l’esprit n’est pas rendu aiguisé par de simples argumentations ou évitements.


On doit entrer dans le problème pas à pas, et c’est pourquoi il est très important de comprendre ce processus entier de donner un nom. Quand vous nommez un groupe entier de gens en les appelant Musulmans, ou ce que vous voulez, vous vous débarrassez d’eux ; vous n’avez pas besoin de les regarder comme des individus, ainsi le nom, le mot, vous a empêché d’être un être humain dans une relation avec d’autres êtres humains. De la même façon, quand vous nommez un sentiment, vous n’observez pas le sentiment, vous n’êtes pas totalement avec le fait.


Oeuvre collectées, Vol. XI -151




samedi 21 décembre 2013

Etes-vous quelque chose en vous-même ?

20131221-072143.jpg


Interlocuteur : Si je n’ai aucune image de moi-même, alors je ne suis rien.


Krishnamurti : Mais êtes-vous quelque chose de toutes façons ? [Rires] S’il vous plaît ne riez pas, c’est bien trop sérieux. Etes-vous quelque chose en vous-même ? Retirez de vous-même votre nom, vos titres, argent, position, votre petite capacité à écrire un livre et en être flatté – alors qu’êtes-vous ?


Ainsi pourquoi ne pas réaliser et être cela ? Vous voyez, nous avons une image de ce qu’est n’être rien, et nous n’aimons pas cette image ; mais le fait réel de n’être rien, quand vous n’avez pas d’image, peut être entièrement différent. Et c’est entièrement différent. Ce n’est pas un état qui peut être réalisé en termes de n’être rien ou d’être quelque chose. C’est entièrement différent quand il n’y a aucune image de vous-même. Et n’avoir aucune image de vous-même exige une attention immense, un sérieux immense. C’est uniquement celui qui est attentif, celui qui est sérieux, qui vit, pas les gens qui ont des images d’eux-mêmes.


Oeuvres collectées, Vol. XV – 196




vendredi 20 décembre 2013

Avez-vous jamais regardé la peur ?

20131220-065322.jpg


Avez-vous jamais fait face à la peur ? S’il vous plaît, écoutez la question attentivement. Avez-vous jamais regardé la peur ? Ou au moment d’être conscient de la peur, êtes-vous déjà dans un état de fuite du fait ? Je vais entrer un petit peu plus dans cela, et vous verrez ce que je veux dire.


Nous nommons, nous donnons un terme à nos différents sentiments, n’est-ce pas ? En disant « je suis en colère », nous avons donné un terme, un nom, une étiquette à un sentiment particulier. Maintenant, veuillez regarder votre propre esprit très clairement. Quand vous avez un sentiment, vous nommez ce sentiment : vous l’appelez colère, convoitise, amour, plaisir, n’est-ce pas ? Et ce fait de nommer le sentiment est un processus d’intellection qui vous empêche d’observer le fait, c’est-à-dire, le sentiment.


Vous savez, quand vous voyez un oiseau et que vous vous dites à vous-même qu’il s’agit d’un perroquet, ou d’un pigeon ou d’un corbeau, vous ne regardez pas l’oiseau. Vous avez déjà cessé de regarder le fait, parce que le mot perroquet, pigeon ou corbeau s’est introduit entre vous et le fait.


Ce n’est pas quelque exploit intellectuel difficile, mais un processus de l’esprit qui doit être compris. Si vous voulez entrer dans le problème de la peur, ou le problème de l’autorité, ou le problème du plaisir, ou celui de l’amour, vous devez voir que nommer, donner une étiquette, vous empêche d’examiner le fait.


Oeuvres collectées, Vol. XI – 350




mercredi 18 décembre 2013

Pourquoi crée-t-on une image de soi ?

20131218-055951.jpg


On a une idée, un symbole de soi, une image de soi, de ce qu’on devrait être, de ce qu’on est, ou de ce qu’on ne devrait pas être. Pourquoi crée-t-on une image au sujet de soi ? Parce qu’on n’a jamais étudié ce que l’on est, réellement. Nous pensons que nous devrions être ceci ou cela : l’idéal, le héros, l’exemple. Ce qui réveille la colère c’est que notre idéal, l’idée que nous avons de nous-même, est attaquée. Et notre idée à propos de nous-même est notre évasion du fait de ce que nous sommes.


Mais quand vous observez le fait réel de ce que vous êtes, rien ne peut vous blesser. Alors, si on est menteur et qu’on s’entend dire qu’on est menteur, cela ne signifie pas qu’on est blessé : c’est un fait. Mais, quand vous prétendez que vous n’êtes pas menteur et que vous entendez dire que vous l’êtes, alors vous êtes en colère, violent. Ainsi nous vivons toujours dans un monde idéal, un monde de mythes, et jamais dans le monde de la réalité. Pour observer ce qui est, pour le voir, être réellement familier avec cela, il ne doit y avoir aucun jugement, aucune évaluation, aucune opinion, aucune peur.


Oeuvres collectées, Vol. XII – 246




mardi 17 décembre 2013

Il est important de comprendre comment observer un fait

20131217-071239.jpg


Il est important de comprendre comment observer un fait


S’il vous plaît, écoutez ceci, ce n’est pas compliqué. Cela demande de l’attention, et l’attention est sa propre discipline ; vous n’avez pas besoin d’introduire un système de discipline.


Voyez-vous, messieurs, ce dont ce monde a besoin ce n’est pas de politiciens ou de plus d’ingénieurs, mais d’êtres humains libres. Les ingénieurs et les scientifiques peuvent être nécessaires, mais il me semble que ce dont le monde a besoin ce sont des êtres humains qui soient libres, qui soient créatifs, qui n’aient pas peur. Et la plupart d’entres nous sommes tourmentés par la peur.


Si vous pouvez entrer profondément dans la peur et la comprendre vraiment, vous en ressortirez avec l’innocence, et votre esprit sera clair. C’est ce dont nous avons besoin, et c’est pourquoi il est si important de comprendre comment observer un fait, comment regarder votre peur. Le problème entier c’est cela – non pas comment se débarrasser de la peur, non pas comment être courageux, non pas quoi faire à propos de la peur, mais être complètement avec le fait.


Oeuvres collectées, Vol. XI -




lundi 16 décembre 2013

La révolution doit commencer avec vous et moi

20131216-060629.jpg


La révolution doit commencer avec vous et moi. Cette révolution, cette transformation individuelle, peut avoir lieu seulement si nous comprenons la relation, ce qui est le processus de la connaissance de soi. Sans connaître le processus complet de ma relation, à tous les niveaux différents, ce que je pense et ce que je fais n’a aucune valeur.


Quelle base ai-je pour penser si je ne me connais pas moi-même ? Nous sommes si désireux d’agir, si impatients de faire quelque chose, d’apporter un certain type de révolution, un certain type d’amélioration, un certain changement dans le monde ; mais sans connaître le processus de nous-même, à la fois à la périphérie et intérieurement, nous n’avons aucune base pour l’action, et ce que nous faisons est condamné à créer plus de misère, plus de discorde. La compréhension de soi ne vient pas par le processus de retrait de la société, ou en se retirant dans une tour d’ivoire. Si vous et moi entrons réellement dans ce sujet avec prudence et intelligence, nous verrons que c’est seulement dans la relation que nous pouvons nous comprendre , et non dans l’isolement. Personne ne peut vivre isolé. Vivre, c’est être relié. C’est uniquement dans le miroir de la relation que je me comprends moi-même, ce qui signifie que je dois être extraordinairement alerte avec toutes mes pensées, mes sentiments, et mes actions dans la relation.


Ce n’est pas un processus difficile, ou un comportement surhumain ; et comme avec tous les fleuves, alors que la source est à peine perceptible, les eaux s’accélèrent à mesure qu’elles progressent et qu’elles s’approfondissent. Dans ce monde fou et chaotique, si vous allez dans ce processus à bon escient, avec prudence, avec patience, sans condamner, vous verrez comment cela commence à s’accélérer et ce n’est pas une question de temps.


Œuvres collectées, Vol. VI – 38




dimanche 15 décembre 2013

C’est la connaissance de ce qui s’est passé hier qui est la prison

J’ai compris. Je vois que cette préoccupation au sujet de la liberté – d’une liberté qui ne serait pas une formule, une conclusion – n’est pas en elle-même la liberté, d’accord ? L’esprit se dit : « Si ce n’est pas la liberté, qu’est-ce alors ? » Et il répond : « Je ne sais pas ».

Il voit que tout en ne sachant rien, il s’attend à savoir. Quand j’affirme que je ne sais pas ce qu’est la liberté, il y a en moi une attente, l’espoir que je pourrais le découvrir. Cela signifie que l’esprit ne se dit pas réellement qu’il ignore, mais qu’il attend qu’il se passe quelque chose.

Cette attitude, je la vois et je la rejette.

Donc, vraiment, je ne sais pas.

Je n’attends rien, je ne suis pas venu dans l’expectative. Je n’espère pas que quelque chose se passe, qu’une réponse vienne d’un agent extérieur. Je n’attends rien du tout. La voilà, la clé. Elle est là.

Je sais que ce que j’ai ici, ce n’est pas « cela ». Ici, il n’existe aucune liberté. Il y a des réformes, mais pas de liberté. Jamais une réforme ne pourra apporter la liberté. Et pourtant l’homme se révolte contre l’idée qu’il ne sera jamais libre, qu’il est condamné à vivre dans ce monde. Ce n’est pas le mental, l’intellect qui est en révolte contre cette idée, mais c’est tout l’organisme, la perception tout entière. D’accord ?

Et par conséquent, j’en viens à constater que puisque ceci n’est pas la liberté, je ne sais pas ce qu’est la liberté. Je n’attends rien, n’espère rien et n’essaie même pas de découvrir ce qu’est la liberté. Véritablement, je ne sais pas. Cet état de non-savoir est la liberté. Savoir est une prison. C’est parfaitement juste.

Je ne sais pas ce qui va se passer demain. Et par le fait même, je suis libéré aussi de tout le passé, libéré de ce domaine. Connaître ce domaine, c’est la prison, mais ne pas le connaître, c’est aussi la prison. Monsieur, regardez. Je connais hier. Je sais ce qui s’est passé hier. C’est la connaissance de ce qui s’est passé hier qui est la prison. Ainsi, l’esprit qui vit dans un état de non savoir est un esprit libre, d’accord ?