Translate

samedi 28 décembre 2013

L’esprit doit, avant tout, se libérer du conditionnement.

20131228-131930.jpg


L’esprit doit, avant tout, se libérer du conditionnement


S’engager dans la liberté et découvrir ce qu’est l’amour – seules comptent ces deux choses-là : la liberté et ce qu’on appelle « l’amour ». Sans liberté totale, l’amour ne peut exister, et tout homme sérieux se consacre uniquement à ces deux choses-là et à rien d’autre. La liberté sous-entend que l’esprit se libère totalement de tout conditionnement, n’est-ce pas ? En d’autres termes, pour se déconditionner – ne plus être hindou, sikh, musulman, chrétien ou communiste – l’esprit doit être complètement libre. Car cette division entre les hommes, en tant qu’hindous, bouddhistes, musulmans et chrétiens ou Américains, communistes, socialistes, capitalistes, etc. engendre le désastre, la confusion, le malheur et la guerre.

L’esprit doit donc, avant tout, se libérer du conditionnement. Vous dites peut-être que c’est impossible. Si c’est impossible, il n’y a pas d’issue. C’est comme un homme emprisonné, disant : « Je ne peux pas sortir ». Tout ce qu’il peut faire, c’est décorer sa prison, l’améliorer, la rendre plus confortable, plus commode, en réduisant ses activités et en se réduisant lui-même à l’espace limité des quatre murs qu’il a lui-même construits. Tant de gens disent que c’est impossible – l’ensemble du monde communiste affirme que c’est impossible, et donc on conditionne l’esprit autrement, d’abord par un lavage de cerveau, puis par un nouveau conditionnement sur le mode communiste.

Les croyants ont fait exactement la même chose. Depuis l’enfance, ils subissent un lavage de cerveau, les conditionnant à croire qu’ils sont hindous, sikhs, musulmans et catholiques. Les religions parlent d’amour et de liberté, mais en fait elles insistent sur le conditionnement de l’esprit.


De la liberté. Pages 143 et 144. New Delhi, le 19 novembre 1967. Editions du Rocher. 1996.




vendredi 27 décembre 2013

La passion, laquelle ?

20131227-070839.jpg


Nous parlons d’une passion qui n’est pas stimulée, qui n’a pas de cause


Sans la raison, la passion devient un simple appétit sensuel source de plaisir. La passion qui est stimulée, qui a un motif, devient plaisir ; et le plaisir entraîne douleur, anxiété, peur. Nous parlons d’une passion qui n’est pas stimulée, qui n’a pas de cause. Parce qu’une telle passion implique le feu d’une attention complète, le don total de soi à quelque chose, avec logique, sainement, avec raison, une chose pour laquelle il n’y a pas d’attachements, pas de croyance, pas de dogme. Sans cette passion on ne peut pas aller bien loin.

Oeuvres Collectées. Vol. 14 – Entretien 6, 26 Février 1964, Bombay




jeudi 26 décembre 2013

Nous ne savons pas si nous sommes riches ou pauvres

20131226-170342.jpg


Le monde est un bon endroit, nous mettons tout en œuvre pour y échapper par le culte, la prière, nos amours et nos peurs. Nous ne savons pas si nous sommes riches ou pauvres, nous ne sommes jamais allés en profondeur en nous-mêmes et n’avons découvert ce qui est. Nous existons à la surface, satisfaits de si peu, et rendus heureux et malheureux par de si petites choses. Nos petits esprits ont de petits problèmes et de petites réponses, et c’est ainsi que nous passons nos journées. Nous n’aimons pas, et quand nous le faisons c’est toujours avec la peur et la frustration, avec la peine et la nostalgie.

Lettres à une jeune amie – 16




L’âme du monde

L’Âme du monde illustrée



l_ame_du_monde_illust


Paru le 3 octobre 2013, éditeur : NIL


Nouvelle édition magnifiquement illustrée par les aquarelles d’Alexis Chabert.


Quelle force mystérieuse a poussé sept sages – un lama tibétain, un moine chrétien américain, une mystique indienne, un kabbaliste israélien, une philosophe néerlandaise, un maître soufi africain, une chamane de Mongolie, un maître taoïste chinois –, représentant les grandes traditions spirituelles de l’humanité, à se retrouver dans un monastère perdu du Tibet ?

Pressentant l’imminence d’une catastrophe mondiale, ils sont venus enseigner au jeune Tenzin les clés fondamentales de la sagesse.

Oubliant volontairement ce qui les sépare de par leurs cultures et religions respectives, ils vont transmettre un message philosophique et spirituel fondé sur leur expérience personnelle. Un message qui répond aux questions cruciales que se pose tout être humain, à tout âge : Pourquoi suis-je sur terre ? Comment réussir ma vie ? Un enseignement universel qui aide à vivre, au-delà de tout dogme et de toute croyance.





mardi 24 décembre 2013

Vous travaillez dur pour votre vie quotidienne…

20131224-054526.jpg


Vous travaillez dur pour votre vie quotidienne…mais œuvrer pour que l’esprit soit libre est beaucoup plus ardu.


Vous travaillez dur pour votre vie quotidienne, vous consacrez des années entières à cette affaire qui consiste à être dirigé pour gagner votre vie, en supportant les insultes, l’inconfort, l’indignité, la flagornerie. Mais œuvrer pour que l’esprit soit libre est beaucoup plus ardu ; cela requiert une grande pénétration d’esprit, une grande compréhension, une conscience large dans laquelle l’esprit connaît tous ses obstacles, ses blocages, ses mouvements d’aveuglement, ses fantasmes, ses illusions, ses mythes.


Une fois que l’esprit est libre, il peut commencer à enquêter, à rechercher, mais pour un esprit, chercher alors qu’il n’est pas libre n’a pas de sens. Est-ce que vous comprenez ? L’esprit qui voudrait trouver la vérité, Dieu, cette extraordinaire beauté et la profondeur de la vie, la plénitude de l’amour, doit d’abord être libre. Cela n’a pas de sens pour un esprit qui est mis en forme, qui est conditionné, tenu dans les limites de la tradition, de dire « Je cherche la vérité, Dieu ». Un tel esprit est comme un âne attaché à un poteau : il ne peut aller plus loin que la longueur de sa corde.


Œuvres collectées, Vol X – 164




dimanche 22 décembre 2013

nous ne semblons pas capables de mourir dans la dignité et la simplicité, avec le sourire.

20131222-081842.jpg


Malgré le grand nombre de médecins, les médicaments et les hôpitaux, les opérations et tous les efforts de l’existence comme ses plaisirs, nous ne semblons pas capables de mourir dans la dignité et la simplicité, avec le sourire.


Ce matin, nous descendions sur la route. C’était le printemps et le ciel était exceptionnellement bleu, sans le moindre nuage, le soleil chaud sans excès. On se sentait bien. Les feuilles brillaient dans l’air étincelant. Tout était vraiment d’une beauté extraordinaire. La haute montagne était là, impénétrable, entourée de collines verdoyantes. Comme nous marchions tranquillement, sans trop penser, nous avons aperçu à nos pieds une feuille morte, marquée de jaune et de rouge éclatant, une feuille d’automne. Comme elle était belle, si simple dans sa mort, si vivante, pleine de la beauté de la vitalité de son arbre, de l’été. Elle ne s’était pas fanée. En la regardant de près, on pouvait distinguer toutes ses nervures, sa tige et sa forme parfaite. Dans cette feuille s’inscrivait l’arbre entier.


Pourquoi les hommes meurent-ils si lamentablement, dans une telle affliction, dans la maladie, les infirmités du grand âge, la sénilité et cette affreuse décrépitude du corps ? Pourquoi ne peuvent-ils pas mourir naturellement, aussi beaux dans la mort que cette feuille ? Qu’est-ce qui ne va pas en nous ? Malgré le grand nombre de médecins, les médicaments et les hôpitaux, les opérations et tous les efforts de l’existence comme ses plaisirs, nous ne semblons pas capables de mourir dans la dignité et la simplicité, avec le sourire.


Dernier Journal – Vendredi 30 mars 1984




La peur n’est pas simplement à la surface de l’esprit.

20131222-074945.jpg


La peur n’est pas simplement à la surface de l’esprit.


Pour comprendre ce problème de la peur, vous devez y entrer le plus profondément possible, parce que la peur n’est pas simplement à la surface de l’esprit. La peur ce n’est pas seulement être effrayé par votre voisin ou perdre un emploi ; c’est beaucoup plus profond que cela, et comprendre cela requiert une pénétration en profondeur. Pour pénétrer profondément, vous avez besoin d’un esprit très aiguisé, et l’esprit n’est pas rendu aiguisé par de simples argumentations ou évitements.


On doit entrer dans le problème pas à pas, et c’est pourquoi il est très important de comprendre ce processus entier de donner un nom. Quand vous nommez un groupe entier de gens en les appelant Musulmans, ou ce que vous voulez, vous vous débarrassez d’eux ; vous n’avez pas besoin de les regarder comme des individus, ainsi le nom, le mot, vous a empêché d’être un être humain dans une relation avec d’autres êtres humains. De la même façon, quand vous nommez un sentiment, vous n’observez pas le sentiment, vous n’êtes pas totalement avec le fait.


Oeuvre collectées, Vol. XI -151