Une famille et une histoire comme tant d'autres, l'envie de la partager (avec personne peut être)mais sûrement le besoin ineffable de déverser ici des moments de notre vie. Sans doute une histoire d'égo frustré me pousse à faire cela, mais je tenterai à travers ces lignes de me faire pardonner. Avec enfin, un projet mal embouqué de partir découvrir le monde sur un voilier. La pure folie encore ici...
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mercredi 26 mars 2014
lundi 24 mars 2014
L’amour se donne lui-même en abondance, comme une fleur donne son parfum.
L’amour se donne lui-même en abondance, comme une fleur donne son parfum.
Avoir de la sensibilité c’est aimer. Le mot aimer n’est pas l’amour. L’amour ne peut pas être divisé en amour de Dieu et amour pour l’homme, ni peut-il être mesuré en tant qu’amour pour une personne ou pour l’humanité. L’amour se donne lui-même en abondance, comme une fleur donne son parfum. Mais on le mesure tout le temps dans les relations humaines et, de ce fait, on le détruit.
L’amour n’est pas une denrée pour réformateurs ou travailleurs sociaux ; ce n’est pas un instrument politique destiné à créer de l’action. Lorsque le politicien et le réformateur parlent d’amour, ils se servent du mot et n’entrent pas du tout en contact avec sa réalité, car l’amour ne peut pas être utilisé en tant que moyen pour une fin, immédiate ou dans un lointain futur. L’amour est de la Terre entière, non d’un certain champ ou d’une certaine forêt. L’amour de la réalité n’est circonscrit par aucune religion, et quand les religions organisées s’en servent, il cesse d’être. Les Sociétés, les religions organisées, les gouvernements autoritaires, par leurs activités diligentes, détruisent sans le savoir l’amour qui pourrait devenir passion en acte.
Dans le total développement de l’être humain que produit une éducation correcte, la qualité d’amour doit être nourrie et soutenue dès les premiers pas. L’amour n’est ni du sentimentalisme ni de la dévotion. Il est aussi fort que la mort. On ne peut pas l’acheter avec des connaissances ; l’esprit qui, sans amour, poursuit des connaissances, fait commerce de cruauté, ne vise qu’à l’efficience.
Face à la vie – Krishnamurti
Ne me dites pas ce que vous êtes, mais ayez conscience de ce que vous êtes, quoi que vous soyez, si agréable ou déplaisant que cela soit.
Ne me dites pas ce que vous êtes, mais ayez conscience de ce que vous êtes, quoi que vous soyez, si agréable ou déplaisant que cela soit.
Nous nous plaçons tous à tel ou tel niveau, et nous tombons constamment de ces hauteurs. C’est de ces chutes que nous avons honte. C’est l’amour-propre qui est la cause de notre honte, de notre chute. C’est l’amour-propre qu’il faut comprendre, et non la chute. Si vous ne vous mettiez pas sur un piédestal, comment pourriez-vous tomber ? Pourquoi vous êtes-vous mis sur un piédestal appelé amour-propre, dignité humaine, idéal, et ainsi de suite ? Si vous pouvez comprendre cela, alors il n’y aura plus de honte du passé ; toute honte aura disparu. Vous serez ce que vous êtes sans piédestal. S’il n’y a pas de piédestal, s’il n’y a pas cette hauteur d’où vous regardez plus bas ou plus haut que vous, alors vous êtes ce dont vous vous êtes toujours tenu à l’écart. C’est cet éloignement de ce qui est, cette fuite devant ce que vous êtes, qui engendre la conclusion, l’antagonisme, la honte et la haine. Ne me dites pas ce que vous êtes, mais ayez conscience de ce que vous êtes, quoi que vous soyez, si agréable ou déplaisant que cela soit : vivez avec cela sans le justifier, sans y résister. Vivez avec cela sans lui donner de nom, car donner un nom, c’est prononcer une condamnation, c’est opérer une identification. Vivez avec cela sans peur, car la peur empêche la communion, et sans communion vous ne pouvez pas vivre avec cela. Etre en communion, c’est aimer. Sans amour, vous ne pouvez pas effacer le passé ; avec l’amour, il n’y a pas de passé. Aimez, et le temps n’existe pas.
J. Krishnamurti Commentaires sur la vie Tome 1, Chapitre 57 L’amour-propre
dimanche 23 mars 2014
La sexualité peut-elle exister sans qu’il y ait ce désir issu de la pensée ?
La sexualité peut-elle exister sans qu’il y ait ce désir issu de la pensée ?
Question. – La sexualité peut-elle exister sans qu’il y ait ce désir issu de la pensée ?
Réponse. – C’est une chose qu’il vous faut découvrir par vous-même. La sexualité joue un rôle extraordinairement important dans notre vie parce que c’est peut-être l’unique expérience profonde et directe que nous ayons. Intellectuellement et émotivement toujours nous nous conformons, nous imitons, nous suivons, nous obéissons. Dans tous nos rapports il y a douleur et lutte sauf dans l’acte sexuel. Cet acte étant si différent et si beau, nous en devenons esclaves, et à son tour il devient un esclavage. Cet esclavage exige d’être prolongé – encore par l’effet du centre qui divise. On se trouve ainsi enfermé – intellectuellement, dans la famille, dans la communauté, par la moralité sociale, par les sanctions religieuses – enfermé au point qu’il ne reste plus que cet unique rapport humain qui soit empreint de liberté et d’intensité. Nous lui donnons par conséquent une importance immense. Mais si nous étions dans un univers de liberté, il n’y aurait pas une telle soif et un tel problème ; en fait, parce que jamais nous ne pouvons en avoir assez, ou parce que nous nous sentons coupables d’en avoir joui et aussi parce qu’en le recherchant nous brisons les règles établies par la société. L’ancienne société a collé sur la nouvelle l’étiquette de licencieuse alors que pour la nouvelle société la sexualité fait partie de la vie. L’esprit étant libéré de cet esclavage dû à l’imitation de l’autorité, du conformisme et des prescriptions religieuses, la sexualité prendra sa place propre, mais elle ne sera plus une flamme dévorante. D’où il est évident que la liberté est essentielle à l’amour – non pas la liberté de la révolte, ni celle qui consiste à agir à sa fantaisie ou à se laisser aller ouvertement ou secrètement à tous ses désirs, mais plutôt la liberté qui accompagne la compréhension de toute cette structure, toute cette nature du centre. Dès lors la liberté est amour.
J. Krishnamurti
Le changement créateur
Amour et sexualité (p. 120-121)
Nous trouvons un certain bonheur dans le don de soi qui s’exprime par le sexe
Nous trouvons un certain bonheur dans le don de soi qui s’exprime par le sexe
Nous trouvons un certain bonheur dans le don de soi qui s’exprime par le sexe, et ainsi nous l’utilisons comme un moyen de réaliser ce que nous désirons. Le bonheur par quelque chose doit inévitablement engendrer le conflit, car c’est le moyen qui devient beaucoup plus important que le bonheur lui-même.
Si je trouve le bonheur dans la beauté de cette chaise, c’est la chaise qui devient importante à mes yeux et c’est elle que je dois protéger contre les autres. Dans cette lutte, le bonheur que j’ai d’abord trouvé dans la beauté de la chaise est totalement oublié, perdu, et je me trouve seul en présence de la chaise. En soi, la chaise a fort peu d’importance ; mais je lui ai donné une importance extraordinaire, car elle représente l’instrument de mon bonheur. Ainsi, l’instrument se substitue-t-il au bonheur.
Lorsque l’instrument de mon bonheur est une personne vivante, le conflit et la confusion, l’antagonisme et la souffrance sont beaucoup plus douloureux. Lorsque les relations sont basées sur un simple usage, peut-il exister des relations entre l’utilisateur et l’utilisé autres que très superficielles ? Si je me sers de vous en vue de mon bonheur, suis-je réellement en relation avec vous ? La relation implique communion avec un autre sur des plans différents ; et y a-t-il communion avec un autre lorsque l’autre n’est qu’un instrument de mon bonheur ? En utilisant ainsi un autre, ne suis-je pas en réalité en train de chercher à m’isoler, dans une solitude où je crois trouver le bonheur ?
Cet isolement, je l’appelle relation ; mais en réalité il n’y a aucune communion dans ce processus. La communion ne peut exister que là où il n’y a pas de peur ; et lorsqu’il y a utilisation et par conséquent dépendance, il y a peur et souffrance. Et rien ne peut vivre dans l’isolement ; les tentatives de l’esprit pour s’isoler le conduisent à sa propre frustration et à la douleur. Pour échapper à ce sentiment d’imperfection, nous cherchons la perfection dans les idées, les gens, les choses ; ainsi nous revenons au point de départ, en quête de produits de remplacement.
J. Krishnamurti Commentaires sur la vie Tome 1, Chapitre 41 La lucidité
Que se passe-t-il vraiment quand l’esprit est véritablement tranquille ?
Que se passe-t-il vraiment quand l’esprit est véritablement tranquille ?
La couleur a un curieux effet sur l’oeil.
Sur chaque table il y avait des jonquilles jeunes, fraîches, que l’on venait de cueillir dans le jardin, et qui avaient encore tout l’éclat du printemps. Sur une table placée de côté il y avait des lys blanc crème avec leur centre jaune brillant. Voir ce blanc crème et le jaune éclatant des nombreuses jonquilles c’était voir le ciel bleu, toujours en expansion, illimité, silencieux.
Presque toutes les tables étaient occupées par des personnes qui parlaient très fort et qui riaient. A une table voisine une femme nourrissait subrepticement son chien avec la viande qu’elle ne pouvait manger. Ils semblaient tous avoir des portions énormes et voir les gens manger n’était pas un spectacle plaisant ; manger publiquement est peut-être une coutume barbare. Un homme, de l’autre côté de la salle, s’était gorgé de vin et de viande et était en train d’allumer un gros cigare ; un air de béatitude apparut sur son visage gras. Sa femme, également grasse, alluma une cigarette. Ils paraissaient tous deux perdus au monde.
Et elles étaient là, les jonquilles jaunes, et personne n’avait l’air d’y prêter attention. Elles étaient là dans un but décoratif et n’avaient absolument aucune signification ; mais comme vous les observiez, leur éclat jaune remplissait la salle bruyante. La couleur a ce curieux effet sur l’oeil. Ce n’était pas tant le fait que l’oeil absorbait la couleur ; elle semblait remplir votre être. Vous étiez cette couleur ; vous ne la deveniez pas – vous en faisiez partie, sans identification, sans un nom : dans un anonymat qui est innocence. Ce qui n’est pas anonyme engendre la violence, sous toutes ses formes.
La révolution du silence
Europe, Chapitre 13 (p. 183-184)
samedi 22 mars 2014
Aucune pensée, aucune émotion fantaisiste n’auraient pu provoquer un tel événement.
Aucune pensée, aucune émotion fantaisiste n’auraient pu provoquer un tel événement.
C’est arrivé soudain, à notre retour dans la chambre ; il était là, nous accueillant chaleureusement, ample, tellement inattendu. Nous ne faisions que passer, parlant de choses et d’autres de peu d’importance. L’accueil de cet « otherness* » fut un choc et une surprise ; il attendait dans la chambre, en une invite si franche que toute excuse aurait été futile. A plusieurs reprises, sur le pré communal, loin d’ici, à l’ombre de quelques arbres, il attendait au tournant du chemin que tant de gens empruntaient ; et l’on se tenait là étonné, près de ces arbres, totalement ouvert, vulnérable, sans voix, sans mouvement.
Ce n’était pas une fantaisie imaginaire ou la projection d’une illusion personnelle ; l’autre personne aussi l’a senti ; plusieurs fois présent, presque incroyable, en un grand accueil d’amour, il avait à chaque fois une qualité, une beauté, une austérité nouvelles. Et il en était encore ainsi dans cette chambre. Totalement neuf, inattendu, sa beauté laissait le corps et l’esprit sans mouvement ; pourtant l’esprit, le cerveau et le corps en devenaient intensément alertes, sensibles. Le corps se mettait à trembler et, après quelques minutes, cet « otherness » si bienveillant se retirait aussi vite qu’il était sans doute venu.
Aucune pensée, aucune émotion fantaisiste n’auraient pu provoquer un tel événement ; la pensée est de toute façon mesquine, le sentiment si fragile, trompeur ; l’une pas plus que l’autre, même dans leurs tentatives les plus folles, ne pourraient produire de tels événements. Trop grands, trop immenses dans leur force et leur pureté pour la pensée ou le sentiment, ils n’ont pas de racines, alors que ces derniers en ont. On ne peut les inviter, les retenir ; la pensée-sentiment peut se livrer à toutes sortes d’habiles stratagèmes, mais non pas inventer ou contenir l’« otherness ». Il se suffit à lui-même, rien ne peut le toucher.
* : N’ayant pas d’équivalent en français, ce mot n’a volontairement pas été traduit. Par approximation, on pourrait le traduire par “état autre”, mais cela paraît inadéquat pour suggérer ce que Krishnamurti semble avoir mis dans le mot “otherness”. (N.D.T.)
J. Krishnamurti Carnets 25 octobre à Rishi Valley (p.230-231)