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mardi 12 novembre 2013

Ne pas se connaître soi-même, c’est détruire l’ordre sacré des choses

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La véritable intelligence consiste à rendre au savoir la place qui lui revient. Sans certaines connaissances, il n’est pas possible de vivre dans cette société technologique et presque mécanique, mais ce savoir ne pourra transformer radicalement l’être humain et le monde dans lequel il vit. Le savoir n’est pas la perfection de l’intelligence. L’intelligence peut faire appel au savoir et le fait effectivement, transformant ainsi l’homme et la société. Mais l’intelligence ne réside pas dans le seul fait de cultiver l’intellect et son intégrité. Elle découle d’une compréhension pleine et lucide de la conscience de l’homme, de vous-même, et non d’une partie, d’un segment isolé de vous-même.


L’étude et la compréhension du mouvement de votre propre esprit, de votre propre coeur donne naissance à l’intelligence.Vous êtes le contenu de votre propre conscience ; en vous connaissant vous-même, vous connaîtrez l’univers entier. Cette connaissance se situe au-delà des mots, car le mot n’est pas la chose. Se libérer du connu, à chaque instant de votre vie, voilà l’essence de l’intelligence. C’est cette forme d’intelligence qui agit dans l’univers si vous n’y faites pas obstacle. Ne pas se connaître soi-même, c’est détruire l’ordre sacré des choses. Les études que d’autres ont pu entreprendre sur vous ou sur eux-mêmes ne modifient en rien cette ignorance. C’est à vous et vous seul qu’il appartient d’étudier le contenu de votre conscience. Les recherches menées par d’autres sur eux-mêmes, et donc sur vous, ne sont qu’autant de descriptions. Le mot n’est pas la chose.




dimanche 10 novembre 2013

Les mots mêmes « espoir » et « changement » impliquent le temps

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Nous pensons avoir besoin du temps pour changer de « ceci » en « cela ». Les mots mêmes « espoir » et « changement » impliquent le temps. Il est clair que nous avons besoin de temps pour voyager, pour atteindre un port ou un pays après un long trajet à destination d’un lieu souhaité. Ce lieu souhaité, c’est l’avenir. Il est bien évident que dans les domaines de la performance, de l’acquisition, et de la formation professionnelle qui exige un certain entraînement, le temps est non seulement nécessaire mais indispensable. Alors nous étendons ce même mouvement de devenir au domaine psychologique. Mais le devenir psychologique existe-t-il vraiment ? Nous le prenons comme un fait accompli, sans jamais le remettre en question. Les religions et les livres évolutionnistes nous ont appris qu’il faut du temps pour changer « ce qui est » en « ce qui devrait être ». La distance à franchir est le temps. Nous acceptons que le passage de la violence à la non-violence implique du plaisir et de la souffrance et qu’il faille énormément de temps pour atteindre cet idéal. Nous suivons ce schéma aveuglément, chaque jour de notre vie, sans rien remettre en question. Nous ne doutons pas. Nous suivons le processus traditionnel. Et cet espoir de l’accomplissement, qui n’est pas atteint sans difficultés, est sans doute l’un des malheurs de l’homme.

Le temps – qui change ce qui est en quelque chose de tout à fait différent – fait-il réellement partie du domaine psychologique ?

Dernier journal. Pages 59 et 60. Vendredi 25 mars 1983. Editions du Seuil. 1997




samedi 9 novembre 2013

En solitaire avec François Cluzet

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On 08 novembre 2013 at 18:30…


“Sortie cinéma pour un film plein de beauté, tant humaine que cinématographique.”


Captured with Momento – http://momentoapp.com




jeudi 7 novembre 2013

Que se passe-t-il vraiment quand l’esprit est véritablement tranquille ?

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¤ Nous écoutons ce que vous dites. Avec soin et minutie vous montrez combien la pensée est triviale et limitée. Nous écoutons, nous réfléchissons et nous arrivons à un silence qui est chose nouvelle pour nous. Le conflit prend fin. Mais après ?


K. Pourquoi posez-vous cette question ?


¤ Vous demandez à un aveugle pourquoi il veut voir.


K. Ma question n’était pas une malice et n’était pas non plus destinée à vous faire remarquer qu’un esprit silencieux ne pose aucune question, mais elle avait pour objet de découvrir si véritablement vous recherchez quelque chose de transcendant. Si c’est là ce que vous faites, quel est le mobile derrière cette recherche – une curiosité, un désir urgent de découvrir, ou la soif de voir une beauté telle que vous ne l’avez jamais encore vue ? N’est-il pas important pour vous de découvrir par vous-même si vous êtes à la recherche du « plus » ou si vous vous efforcez de voir exactement ce qui existe ? Ce sont deux choses incompatibles. Si vous pouvez écarter toute notion du « plus » alors nous demandons seulement ce qui est quand l’esprit est silencieux. Que se passe-t-il vraiment quand l’esprit est véritablement tranquille. C’est là la vraie question, et non pas ce qui est transcendant ou ce qui se trouve au-delà.


¤ Ce qui se trouve au-delà c’est bien ma question.


K. Ce qui se trouve au-delà ne peut être trouvé que quand l’esprit est silencieux. Il peut exister quelque chose, il peut ne rien y avoir du tout. Par conséquent la seule chose importante est que l’esprit soit silencieux. Encore une fois si ce qui vous intéresse est de savoir ce qu’il y a au-delà, alors vous ne regardez pas l’état du silence lui-même. Si, pour vous, le silence n’est qu’une porte inutile pour vous conduire à ce qui est au-delà, alors ce n’est pas la porte qui vous intéresse et pourtant c’est la porte elle-même qui est importante, le silence lui-même. Par conséquent vous ne pouvez pas demander ce qui est au-delà. La seule chose importante c’est que l’esprit soit silencieux. Que se passe-t-il alors ? Voilà ce qui nous intéresse et non pas ce qu’il y a au-delà de ce silence.


Au seuil du silence. Pages 182 et 183. Chapître III. Huit conversations 1969. Editions Le courrier du livre. Nouvellement réédité.




dimanche 3 novembre 2013

Puis-je regarder, l’esprit peut-il percevoir son conditionnement ?

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Pour libérer l’esprit de tout conditionnement, il faut en avoir une vision totale, mais en l’absence de toute pensée. Cela n’a rien d’une énigme : faites-en vous-même l’expérience et vous verrez. Voit-on jamais quoi que ce soit sans que la pensée n’intervienne ?

Avez-vous déjà écouté, regardé, sans faire intervenir tout ce mécanisme de réaction ? Vous allez dire qu’il est impossible d’observer sans interposition de la pensée ; vous allez dire qu’on ne peut pas déconditionner l’esprit. En disant cela, vous vous êtes déjà mentalement bloqué, car le fait réel, c’est que vous ne savez pas.

Puis-je donc regarder, l’esprit peut-il percevoir son conditionnement. Je vous en prie, tentez l’expérience. Pouvez-vous avoir conscience du fait que vous êtes hindou, socialiste, communiste, ceci ou cela – simplement en avoir conscience – , sans dire que c’est bon ou mauvais ? Car voir, voir tout simplement est une tâche si ardue que nous la disons impossible. Je dis que ce n’est que lorsque vous avez conscience – mais sans qu’il s’agisse d’une réaction – de cette totalité de votre être, que s’efface le conditionnement, totalement et jusqu’aux niveaux les plus profonds – et c’est cela, être véritablement libéré du moi.


Le livre de la Méditation et de la Vie. Pages 163 et 164. 23 mai, Se libérer du moi. Editions Stock. 1997.




samedi 2 novembre 2013

Quand existe cet équilibre complet entre le principe masculin et le principe féminin, alors l’organisme ne tombe jamais vraiment malade.

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Krishnamurti. – Vous posez une question sur l’état de conscience qui est hors du temps ?


P. – Dans chaque individu, on peut distinguer l’action de l’élément masculin et de l’élément féminin. L’alchimiste voyait la nécessité d’une union, d’un équilibre. Est-ce valable selon vous ?


Kr. – Je crois qu’on peut l’éprouver en soi-même. J’ai souvent observé qu’en chacun de nous il y a des éléments masculins et féminins. Ou ils existent dans un état d’équilibre parfait, ou bien dans un état de déséquilibre. Quand existe cet équilibre complet entre le principe masculin et le principe féminin, alors l’organisme physique ne tombe jamais vraiment malade ; il peut y avoir maladie superficielle, mais profondément il n’y a alors pas de maladie propre à détruire l’organisme. C’est probablement cela que les Anciens ont recherché. Ils ont identifié la chose avec le mercure et le mica, mâle et femelle, et par la méditation, l’étude, et peut-être par certaines médications, ils ont cherché à créer cette harmonie parfaite. On peut très bien voir en soi-même l’action de ces deux principes se poursuivre. Quand l’un ou l’autre devient exagéré, le déséquilibre engendre la maladie ; non point des maux suprficiels, mais la maladie dans les tréfonds de l’organisme. Personnellement, j’ai remarqué en moi-même, dans différentes situations et sous différents climats, avec certaines personnes qui sont naturellement agressives et violentes que l’élément masculin est pluss prononcé. Et cette prépondérance, un autre l’utilise alors pour s’affirmer. Et par contre, s’il y a trop de féminité ambiante, l’élément masculin ne devient pas agressif, mais se retire sans manifester aucune résistance.


Tradition et révolution. Pages 24 et 25. Chapître Alchimie et mutation. Editions Stock/Monde ouvert. 1978


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Faites-le, et vous verrez

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Question : Monsieur, s’il n’y a aucun effort, s’il n’y a aucune méthode, alors toute transition vers l’état de prise de conscience, tout déplacement vers une nouvelle dimension doit être un accident dû à un complet hasard, et donc sans lien avec ce que vous auriez pu dire sur le sujet.


Krishnamurti : Ah non, Monsieur ! [plus fort] J’ai dit que l’on doit prendre conscience. En prenant conscience, on découvre comment on est conditionné. En prenant conscience, je sais que je suis conditionné – comme Hindou, Bouddhiste, Chrétien ; je suis conditionné comme nationaliste : Anglais, Allemand, Russe, Indien, Américain, Chinois – je suis conditionné. Nous ne nous sommes jamais attelé à cela. C’est la poubelle que nous sommes, et nous espérons que quelque chose de merveilleux va pousser à partir de ça, mais j’ai peur que ce ne soit pas possible.


Etre conscient ne signifie pas avoir une chance, le corps ne devient pas seulement hautement sensible, mais c’est toute l’entité qui est activée ; il y a une nouvelle énergie qui lui est donnée. Faites-le, et vous verrez. Ne restez pas assis sur le rivage à spéculer à propos de la rivière ; sautez dedans et suivez le courant de cette prise de conscience, et vous trouverez par vous-même à quel point sont extraordinairement limitées nos pensées, nos sentiments, et nos idées. Nos projections des dieux, sauveurs, maîtres – tout cela devient si évident, si puéril.